La gastronomie malgache et son feu sacré pour le nouvel an malgache à Bras Panon

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Bras-Panon accueille le Nouvel An MAlagasy, NAMA 2022 cette année. Pour l’occasion, un grand repas sera offert au public dans la pure tradition malagasy  au gymnase de Vincendo à Bras-Panon, Rivière-du-Mât-les-Hauts.

Avec le soutien de la Ville de Bras-Panon et de son maire Jeannick Atchapa, les porteurs du projet – à savoir l’association Zangoun et bien d’autres associations réunies au sein de la Fédération FEO Madagascar – ont préparé un programme riche et varié pour découvrir la culture, la cuisine, l’art oratoire, la musique et la tradition malgaches.

Après l’ouverture officielle d’un village des associations prévue à 11h, des expositions et des ateliers seront proposés au public. A l’heure du repas, des encas typiquement malgaches seront offerts à la dégustation par l’association Ylang-Ylang.

Des repas aux saveurs de la Grande Île (payants), préparés par des professionnels de la restauration, seront aussi à (re)découvrir.

FEU SACRÉ

L’après-midi, les prestations artistiques des associations comme Ny Valiha seront au rendez-vous. Pour les sportifs, une Zumba spéciale « ambiance gasy » sera chorégraphiée par le danseur José Njiva. En fin d’après-midi se tiendra le désormais « traditionnel » spectacle de moring de l’association ODAS. Instant solennel de la célébration : l’allumage du feu sacré, purificateur et symbole de renouveau se tiendra à 18 heures précises. Il sera suivi de chants traditionnels exécutés par un Collectif dénommé Tribal Kabar, composé du groupe de maloya Race Bandey, de Vetso spécialiste des chants polyphoniques malgaches et de Mamisoa, chanteur et musicien joueur de kabôsy, petit instrument à cordes.

PLACE AU MALOYA

Autre rituel du NAMA, le vélas composé de ravaz, argumenté de varanga ou viande de zébu effiloché, concocté par les membres de Zangoun. Ce repas offert gracieusement à l’assistance sera précédé d’une courte séance de prière commune appelée Tatao. Puis, place au maloya avec l’incontournable Georges Lagarde, suivi des jeunes générations Kafouyèr maloya et Langaz Kabaré.

La soirée proprement musicale démarre aux alentours de 20h avec les ségatiers bien connus David Louisin et Jean-Roland Miquel. Six jeunes artistes malgaches résidant à la Réunion prendront ensuite le relais : Nina de Menabe, Gildas, Zukkie, Théo du Nord, Dijah et Jean Chri.

Cette édition 2022 du NAMA s’annonce ainsi festive tout en respectant les codes et les traditions liées au Taombaovao, appellation malgache du Nouvel An.

Un peu d’Histoire…

Selon Charlotte Rabesahala de l’association Zangoun qui porte le projet : « Avant la colonisation française de Madagascar en 1896, les peuples malgaches célébraient tous une forme de nouvel an : un grande fête agraire organisée au moment des récoltes qui avait aussi un aspect social et politique consistant à resserrer les liens entre les citoyens et les autorités. À Antananarivo on avait le FANDROANA ou bain royal ; dans les pays Sakalava du Sud, on célèbre le FITAMPOHA et le FANOMPOABE chez ceux du Nord ; dans les pays Betsileo, on a le VOLAMBE TOHAKA ; chez les Antakarana dans le Nord, le TSANGATSAINA ; le TSIANGEHA chez les Tanala ; le MIAFOTSA chez les Antanosy dans le Sud ou encore le HAVORIA chez les Bara…

La plupart de ces fêtes traditionnelles ont été bannies pendant la colonisation. Et depuis l’Indépendance de la Grande Île en 1960, le « 26 juin » s’impose comme la seule grande fête commune célébrée dans tout Madagascar. Mais il lui manque la dimension civilisationnelle proprement malgache afférente aux anciennes fêtes précitées.

Depuis une quinzaine d’années, face à la globalisation, la quête commune de retour aux vraies valeurs ancestrales partagées s’est imposée comme une nécessité pour le développement. La tradition du Nouvel An ou Taombaovao Malagasy est remise au goût du jour par plusieurs associations, à Madagascar d’abord, puis dans le monde entier ces dernières années. À la Réunion, les premières éditions se sont tenues à Bras-Panon en 2016, 2017 et 2018.

Ce n’est pas uniquement la communauté malgache qui se l’est appropriée mais tous les Réunionnais, notamment ceux qui ont des racines malgaches ou des liens familiaux ou affectifs avec la Grande Île. À chaque édition, au delà de l’aspect festif, le public retrouve toute la magie du maloya et du moring, exécutés autour du feu sacré, point focal de la célébration.

Après 3 années d’absence, marquées par la crise sanitaire, l’événement est de retour avec cette appellation NAMA 2022 qui reflète les liens d’amitié et de fraternité que nous, membres de la communauté malgache, voulons plus forts avec tous les composants de la société réunionnaise ».

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