Le raï et la harissa figurent maintenant au patrimoine immatériel de l’humanité

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L’Unesco a inscrit, le 1er décembre, le raï algérien et la harissa tunisienne sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l’humanité.

Une consécration qui ravit les Maghrébins attachés à ces deux institutions.

Incontournable dans la cuisine tunisienne, la harissa est un “élément d’identité”, l’agence onusienne allant même plus loin en évoquant un “facteur de cohésion sociale”.

Ce condiment, fabriqué à partir de piments séchés au soleil puis moulus avant d’être mélangés à des épices et à de l’huile d’olive – pour atténuer leur piquant –, constitue en effet une source de revenus importante pour de nombreuses familles dans les régions rurales de Tunisie.

Réuni à Rabat, le Comité du patrimoine culturel immatériel de l’Unesco, qui honore avant tout des traditions à sauvegarder plus que les produits eux-mêmes, a annoncé avoir inscrit à sa liste de patrimoine immatériel « la harissa, savoirs, savoir-faire et pratiques culinaires et sociales ».

De quoi est composée la harissa ?

Si la harissa pourrait simplement être résumée comme étant une purée de piments rouges, sa préparation est un peu plus élaborée que ça. Souvent “préparée par les femmes dans un cadre familial ou vicinal, convivial et festif”, précise l’Unesco, elle est faite à partir de piments séchés au soleil, fendus, équeutés et égrainés“Les piments sont ensuite lavés, assaisonnés avec du sel, de l’ail et de la coriandre et broyés dans un mortier pilon ou dans un hachoir à viande manuel”, détaille le site. Des savoir-faire relatifs à la culture du piment “transmis au sein des communautés d’agriculteurs ou dans des instituts d’agronomie” qui devraient être davantage protégés après cette décision de l’Unesco.

Le raï

De son côté, le raï algérien mêle des mélodies populaires à des instruments de musique occidentaux dès les années 1960, puis à des rythmes du disco américain dans les années 1970, explique le site marocain Al-Madina. À partir de cette période, le nom des interprètes de raï est souvent précédé de “Cheb” (ou “Chebba” pour les femmes), qui signifie littéralement “Jeune”, pour les distinguer des musiciens plus âgés.

Le raï moderne prend ses racines dans la ville d’Oran, au lendemain de la Première Guerre mondiale. Le mot arabe raï signifie “avis” ou “opinion”. À cette époque il s’agissait de chanter les malheurs de la vie, parfois dans un langage cru et polémique. Un type de musique qui a d’abord attiré les populations les plus démunies avant de connaître un succès commercial, notamment en France.

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